Chez Solutions Mesonet, chaque prévision est probabiliste : l’incertitude fait partie de l’information, pas du problème.
Une prévision météorologique traditionnelle ne présente généralement qu’un seul scénario : la température prévue, la quantité de pluie attendue ou la vitesse du vent la plus probable — c’est ce que l’on appelle une « prévision déterministe ». Bien que simple à communiquer, cette approche peut donner une impression trompeuse de certitude. En réalité, l’atmosphère est un système extraordinairement complexe et les observations météorologiques ne peuvent au mieux capturer qu’une fraction de sa complexité, si bien que plusieurs futurs demeurent possibles à partir d’un même état observé.
Les prévisions d’ensemble reconnaissent explicitement cette réalité. Plutôt que de produire une seule version de l’avenir, elles simulent un grand nombre de scénarios plausibles, chacun compatible avec les observations disponibles et les limites inhérentes à notre connaissance de l’atmosphère.
Cette approche ne cherche pas à masquer l’incertitude : elle en fait une partie intégrante de la prévision. Savoir qu’un événement a 80 % de chances de se produire n’est pas la même chose que savoir qu’il n’en a que 20 %.
Les prévisions météo : ne combattez pas l’incertitude, exploitez-la.
Pour aller plus loin : Lire une prévision comme un météorologue : le guide des prévisions probabilistes
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Nos graphiques affichent 51 scénarios crédibles au lieu d’un seul, selon deux types de graphiques. Voici comment les lire.
Le principe
Les prévisions météo ne pourront jamais se débarrasser complètement d’un certain degré d’incertitude. Il ne faut pas omettre cette information, car elle vous permet paradoxalement de prendre de meilleures décisions lorsqu’on vous présente une prévision. L’incertitude est encastrée dans les prévisions d’ensemble.
Une prévision d’ensemble, c’est…
Le modèle météo simule l’atmosphère une cinquantaine de fois, à partir d’états de départ et de méthodes de calcul légèrement différents. Il en résulte une cinquantaine de scénarios différents mais d’égale crédibilité.
Dans la première partie de la prévision (futur proche), les différences sont encore faibles, le faisceau reste serré, et les scénarios s’accordent sur le détail ; passé un certain seuil (futur lointain), les différences augmentent, le faisceau s’élargit et plusieurs possibilités se présentent alors qui ne peuvent pas encore être exclues.
Un éventail large ne rend pas la prévision inutile. Ce n’est pas l’utilité de la prévision qui baisse, c’est la question à laquelle elle peut répondre qui change.
Les prévisions d’ensemble sont présentées graphiquement selon deux styles visuels : densité de probabilité, et barres verticales.
Style 1 · Densité de probabilité
Les couleurs montrent le degré de dispersion des scénarios
Pour chaque valeur, on compte la proportion des 51 scénarios situés dans une fenêtre de valeurs fixée d’avance appelée la marge d’erreur, ici 2 °C dans notre exemple pour la température.
Violet et rose marquent le cœur du faisceau où la majorité des scénarios se resserrent. Orange puis jaune pâle correspondent à des valeurs où les scénarios sont de plus en plus dispersés. Les franges les plus pâles représentent moins de 5 % des scénarios (peu probable, mais pas impossible).
La couleur ne donne pas la probabilité de franchir un seuil quelconque. Elle dit seulement à quel point les scénarios se rassemblent autour d’une valeur donnée. Par contre, cela signifie également que les scénarios les plus probables se retrouveront toujours dans les couleurs les plus « denses » pour une échéance donnée.
Ce style s’applique à la majorité des variables : température, humidité, vitesse et direction du vent, cumuls de précipitation, et plusieurs autres.
Précisions
Comment déterminer le risque de franchir une valeur
Ce style graphique est souvent utilisé entre autres pour estimer la probabilité qu’un seuil soit dépassé. Si par exemple passer sous la barre des 15 °C a un impact sur vos activités ou vos coûts d’opération (par ex. : le déclenchement du système de chauffage de votre serre), procédez comme suit :
- Repérez sur l’axe vertical la valeur qui vous concerne — 0 °C, 20 mm, 60 km/h, etc. (ici 15 °C)
- Suivez-la à l’horizontale jusqu’à l’échéance voulue.
- Estimez quelle part du faisceau passe du mauvais côté. Une simple frange pâle qui franchit la ligne = quelques pour cent, peu probable. Une bonne partie de l’épaisseur = probabilité et risque élevés.
Style 2 · Barres verticales
Trois variables liées à la précipitation
Trois variables liées à la précipitation sont présentées en barres verticales translucides : l’intensité moyenne, l’intensité maximale sur 3 heures, et la probabilité d’occurrence.
À chaque scénario correspond une bande verticale de faible opacité. À chaque échéance, les bandes s’empilent et leurs opacités s’additionnent : plus la zone en face d’une valeur est opaque, plus cette valeur est probable, car beaucoup de scénarios s’y empilent. Une bande isolée et pâle est un scénario minoritaire (mais pas impossible).
1 · Intensité moyenne
La valeur affichée est le cumul de précipitation sur un intervalle, ramené en mm/h. « 5 mm/h sur 3 heures » signifie que si l’intensité se maintenait, il tomberait 15 mm. L’intervalle est d’une heure pour les 90 premières heures de la prévision, puis de 3 heures jusqu’au 6ᵉ jour, puis de 6 heures.
- « Va-t-il pleuvoir ? » C’est la proportion des scénarios qui ne sont pas collés à zéro.
- « S’il pleut, combien ? » C’est la hauteur atteinte par les bandes.
L’intensité moyenne n’est pas l’intensité ressentie sur le moment. Un orage d’une heure peut donner 12 mm/h pendant quinze minutes, puis 2 mm/h pendant les quarante-cinq suivantes : le cumul n’est que de 4,5 mm, et l’intensité moyenne sur l’heure, de 4,5 mm/h.
2 · Intensité maximale sur 3 heures
Intensité maximale sur 3 heures (bas)
Même style de graphique, mais la valeur affichée est l’intensité instantanée la plus forte rencontrée dans une fenêtre de 3 heures — elle peut se produire n’importe quand à l’intérieur de celle-ci.
Le 27 août en après-midi, les intensités moyennes les plus probables sont de 2 à 4 mm/h, alors que des pointes instantanées pourraient dépasser 10 à 15 mm/h pendant de brèves périodes.
3 · Probabilité d’occurrence
Ce graphique n’affiche qu’une seule série de barres, et non une superposition : il donne directement la fraction des 51 scénarios dont l’intensité moyenne dépasse le seuil mesurable de 0,1 mm/h. Par exemple : une barre à 30 % signifie qu’environ 15 scénarios sur 51 produisent de la précipitation mesurable.
Une forte probabilité de précipitation n’est pas la même chose qu’une forte intensité — ce sont deux quantités complètement indépendantes. Ainsi, le 26 août en mi-journée, de très faibles intensités étaient prévues, avec une probabilité pourtant relativement élevée d’environ 40 %.
Précisions
Variables « cumulées »
Plusieurs variables présentées en densité de probabilité sont des cumuls depuis le début de la prévision (à partir de zéro), et ne peuvent que croître. Dans le cas des précipitations, ils sont déduits des intensités moyennes. Les autres variables cumulées incluent les chutes de neige, la pluie verglaçante, l’évaporation réelle et potentielle, et les heures d’ensoleillement.
Le mode cumulé n’est pas à négliger, notamment dans le cas des précipitations : la pluie qui remplit le fossé, le sol qui sature, la neige qui s’accumule sur la toiture, le verglas sur un réseau électrique : ce sont des questions de quantités totales sur une période, pas d’intensité horaire.
Quelques repères importants
À garder en tête
- Les heures sont en UTC. Au Québec, retranchez 4 h en été et 5 h en hiver. Le repère 0 h UTC tombe en soirée la veille — 20 h en été, 19 h en hiver, et 12 h UTC correspond à 8 h du matin le même jour.
- Zones grisâtres : les périodes nocturnes. Les lignes verticales pleines et pointillées marquent 0 h et 12 h UTC, respectivement.
- Certaines variables s’arrêtent à 6 jours. L’intensité maximale sur 3 heures et la rafale maximale du vent sur 3 heures ne sont prévues que sur 6 jours : l’espace blanc au-delà ne signifie pas une valeur nulle.
- Prévisions renouvelées chaque nuit — une prévision fraîche vous attend chaque matin.
Faites attention !
Trois pièges à éviter
- Une faible probabilité ne veut pas dire impossible. Les franges les plus pâles sont peu probables, mais ne peuvent pas être exclues pour autant. La réalité pourrait très bien s’y retrouver au final.
- La couleur n’est pas la probabilité de franchir un seuil. Pour évaluer un risque en ce sens, tracez la ligne qui vous est pertinente et mesurez la part du faisceau — la couleur seule ne répond pas à cette question.
- La limite du prévisible bouge. Elle change de jour en jour et de saison en saison, et elle est beaucoup plus lointaine dans le futur pour la température que pour les précipitations.
Pour plus de détail, lisez l’article complet : « Les prévisions météo : ne combattez pas l’incertitude, exploitez-la ».